Sculptures et Collodion

Artwork

La Photographie au Collodion Humide

Inventé et amélioré entre 1849 et 1851, le procédé photographique au collodion humide permet la réalisation de clichés positifs et négatifs selon le fond devant lequel ils sont positionnés.
Le support qu’il soit en verre ou en fer est enduit de collodion (coton en poudre dissous dans l’éther) et sensibilisé dans un bain d’argent pur. La plaque peut ensuite être mise en châssis et exposée à l’aide d’une chambre photographique.
L’ensemble du processus doit être réalisé tant que la plaque est humide, ce qui laisse au photographe entre cinq et dix minutes pour prendre la photographie et la traiter en laboratoire.
Une fois révélée, la plaque de verre, ambrotype (du grec ambrotos «impérissable»), est séchée puis montée contre un fond noir. L’argent massif s’est cristallisé à sa surface et offre une stabilité de l’image à l’épreuve du temps.
En quelque sorte ancêtre du polaroid, ce procédé souvent imparfait et limité véhicule une émotion unique en produisant un véritable objet photographique.
Oeuvre d’art en soi, le cliché unique au collodion se regarde à rebours des images industrielles issues de capteurs électroniques et interroge en creux notre rapport à l’image.
Chacune des photographies de ce catalogue a été réalisée au collodion humide sur plaque de verre, puis encadrée à l’aide d’objets photographiques antiques et séculaires comme des châssis, cadres, réducteurs ou encore éléments de chambre.

Florent Pinsault

Artwork

Le procédé du collodion humide est contemporain des œuvres présentées dans ce catalogue et fut régulièrement employé pour la reproduction des œuvres d’art à la fin du XIXe siècle.
Si imparfaite qu’elle puisse paraître, cette technique à la poésie étrange nous ap- prend à regarder autrement. Prenant le contrepied de l’illusion contemporaine qui voudrait croire que l’œuvre se livre entièrement par sa reproduction photographique, elle invite au contraire à la rencontre directe avec l’objet, qu’elle ne fait que suggérer.

Les prises de vue ont été effectuées par le photographe Florent Pinsault à l’atelier photographique Good Light Studio avec la participation de Dominique Desrue.
Ces photographies ont été réalisées avec une chambre en bois des années 1890 équipée d’un objectif Darlot de 1863, doté de la légendaire formule Petzval.
Les plaques de verre originales ont été sensibilisées et révélées selon le procédé historique du collodion aux sels de potassium sensibilisé au nitrate d’argent.